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Bio, bon pour toi, bon pour l'environnement!

Nous pouvons constater tous les jours la réalité du réchauffement climatique : hivers doux et pluvieux, étés secs et chauds, recul des glaciers polaires ou blanchissement des récifs coralliens. Si les effets commencent à être visibles, nous mesurons cependant mal quel est notre impact personnel sur ce phénomène. Comment contribuons-nous, chacun de notre côté, à notre manière au réchauffement de la planète ?

Que se soit pour nous nourrir ou nous déplacer par exemple, nous consommons des ressources naturelles. Tout va bien tant que nous ne prenons pas plus que la terre nous offre. Mais comment savoir si nous ne consommons pas davantage ?

L’empreinte écologique

Une série d’indicateurs ont été mis au point pour pouvoir mesurer cet impact. L’empreinte écologique est un de ces indicateurs, mis au point par des associations comme le WWF. Il s’agit, grâce à ce calcul, de quantifier pour un individu, une population, ou une entreprise par exemple, la surface bioproductive nécessaire pour produire les principales ressources consommées par cet individu ou cette population et pour absorber leurs déchets. L’empreinte écologique est donc une estimation de la surface nécessaire pour répondre à nos besoins. Elle permet donc de mesurer directement notre impact sur les ressources naturelles renouvelables. Au total, l’humanité doit se partager 11,3 milliards d’hectares pour pouvoir se nourrir, se chauffer, se vêtir,… soit 1,8 hectare par personne.

Nous constatons que depuis quelques décennies l’empreinte écologique de l’humanité dépasse ce seuil. En 2001 par exemple, elle était de 2,2 hectares par personne, mais avec des grandes disparités selon les pays. C’est ainsi que l’américain du Nord consommait près de 10 hectares, l’européen 5,1 et l’africain 1,2.

Bio et empreinte écologique

Et l’agriculture bio dans tout cela ? Quel est l’impact de ce mode de production sur les ressources renouvelables ? Du point de vue de l’empreinte écologique, l’agriculture bio présente des avantages importants, et pose des défis de taille. Dans la mesure où les engrais et pesticides de synthèse sont interdits en bio, les dépenses énergétiques pour produire une unité d’énergie alimentaire sont moindres que dans d’autres formes d’agriculture, et entraînent une diminution des émissions de carbone.

Les indicateurs de santé du sol et de l’environnement sont également très positifs en ce qui concerne l’agriculture biologique : augmentation de la biodiversité animale et végétale, augmentation des microorganismes du sol, augmentation de la capacité des sols à conserver  les éléments nutritifs pour les plantes.

L’agriculture bio entraîne aussi moins de dépenses liées au traitement des pollutions, comme par exemple les dégâts dus à l’érosion ou au lessivage des nitrates.

Même si des défis importants se posent, notamment en termes de capacité de production et de risques sanitaires potentiels, l’agriculture bio reste un mode de production durable et performant.

Consommer bio, local et de saison, le vrai geste pour l’environnement

Consommer des produits bio contribue à réduire notre empreinte écologique. Mais cela ne suffit pas. Acheter des produits biologiques hors saison importés par avion venant du bout du monde a bien sûr un impact écologique énorme. Pour que notre consommation de produits bio soit réellement écologique, il faut privilégier de surcroît la consommation de produits locaux et les produits de saison.

Les produits locaux sont souvent intégrés au sein de filières courtes, sous forme le plus souvent de produits présents sur les marchés, de paniers bio, de vente à la ferme ou de livraisons à domicile, privilégiant ainsi la relation entre les producteurs et les consommateurs, diminuant par la même occasion les coûts de transport, d’emballage et de stockage. Les produits locaux sont de surcroît souvent des produits de saison. Ceux-ci respectent les rythmes naturels et sont donc moins chers à produire que des productions sous serre ou cultivées aux antipodes, sans compter qu’ils sont aussi souvent plus goûteux.

Un autre facteur qui détermine une empreinte écologique raisonnable est la faible consommation de protéines animales. Produire une protéine animale coûte trois fois plus cher en énergie que la production d’une protéine végétale.

Une agriculture biologique respectueuse de ces trois aspects, environnemental, local et saisonnier est une agriculture dont l’empreinte écologique est faible. C’est aussi une agriculture qui favorise le maintien de biotopes variés. C’est dans cette double dimension, empreinte écologique faible et biodiversité élevée que l’agriculture bio, malgré tous les défis qui l’attendent, est une agriculture d’avenir.


Mai 2007

Semaine bio 2010