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Le bio au panier !

Vous avez peut-être vous aussi une connaissance qui ne jure plus que par son «panier de légumes bio» hebdomadaire ? Nous avons enquêté auprès de maraîchers et de légumiers bio pour mieux comprendre ce qui pourrait devenir petit à petit un phénomène de société…

 «Les légumes de mon panier bio sont toujours frais et je les paie jusqu’à 30% moins cher qu’au détail !En fait, avec cette formule, les prix concurrencent ce que je paierais en achetant des légumes non bio par la voie normale.  Le goût, le plaisir et la satisfaction du bio en plus!». Voilà ce qu’un fervent adepte de la formule m’a déclaré sur le marché de la Batte à Liège, une caisse de légumes variés sous le bras. 

&&&1 Mais tout d’abord, c’est quoi au juste un panier de légumes bio ? C’est un système de vente qui est très répandu depuis de nombreuses années aux Pays-Bas. Il y a été lancé par quelques producteurs bio sur la base d’un constat simple : si vous pouvez garantir que vous vendrez toute votre production très rapidement et sans perte, vous diminuez d’autant votre risque d’invendus et vous faites donc de sérieuses économies. La formule est d’autant plus intéressante pour le producteur lorsque ses légumes sont en plus payés d’avance par les consommateurs via une formule d’abonnement mensuelle. Cette réduction de coût est bien entendu répercutée vers le consommateur qui peut bénéficier toute l’année, grâce à son abonnement, d’un assortiment hebdomadaire de légumes de saison.

Cette formule de base est appliquée depuis une quinzaine d’années par Al’binète à Liège, un des pionniers de la formule en Belgique francophone. «Au départ, nous cultivions nous-mêmes nos légumes.», nous déclare Paul Mathieu, le coordinateur de cette structure.  «Après quelques années, nous nous sommes spécialisés dans la vente au détail et en paniers de légumes frais et nous nous fournissons en direct chez une série de petits producteurs bio de la région. Nous tournons avec un chiffre stable de 200 à 300 abonnements de paniers, ce qui nous fait tout de même un bon millier de paniers distribués par mois... Les paniers sont de différentes tailles pour respecter les besoins des familles plus ou moins nombreu-ses. Le succès de la formule tient en quelques points clés : facilité, fraîcheur et diversité des produits, plaisir du bio à un prix très serré. Chaque panier contient 7 légumes de saison différents, de quoi manger des légumes chaque jour de la semaine. En juin, je mettrai probablement dans le panier une belle batavia, un concombre tout frais, un demi-kilo de courgettes, une botte de navets primeurs, des pommes de terre, une bonne bette ou des radis en fonction de mon arrivage et un choux-rave, un délicieux légume qui est, étonnamment, encore assez peu connu du public.
&&&2 Ceci dit, si un abonné a une aversion pour le concombre, on peut toujours s’arranger : l’idée est de travailler dans la souplesse.» L’abonnement mensuel pour un panier pour deux personnes est de 25 euros... Manger tous les jours des légumes bio pour 12,5 euros par mois, on comprend que la formule ait du succès.  Toujours selon Paul Mathieu, cette formule lui permet d’avoir parmi sa clientèle de nombreux jeunes, au budget serré.

Même son de cloche chez David Duchêne, producteur-maraîcher de la Ferme de Vévy Wéron (Namur). Il a adopté la formule fi n 2004 et il tourne déjà avec une centaine d’abonnés. «Ce type de vente a profondément modifié mon mode de production. Je peux maintenant programmer mes cultures en fonction de la quantité de paniers à livrer. Une sécurité inespérée dans le monde agricole. Il m’arrive souvent de passer commande à l’avance chez des collègues, pour compléter ma production, en fonction de mon programme des semaines à venir.» Ses abonnés sont structurés en mini groupes d’achat de 10 familles. De cette manière, David Duchêne peut livrer ses paniers bio au coordinateur de chaque groupe qui gère alors la distribution à la meilleure convenance de tous. Pour son travail, le coordinateur se voit octroyer son panier gratuitement chaque semaine. Voilà une formule moins chère que moins chère pour certains ! Ici aussi les prix varient en fonction de la taille des paniers. Depuis quelque temps, David organise également des cours de cuisine à la ferme pour ceux qui veulent diversifier leur manière d’accommoder les choux ou un légume moins connu de nos jours, comme le topinambour. Ces cours sont gratuits pour les abonnés, ce qui amène une réelle convivialité entre des personnes qui ne se seraient peut-être jamais rencontrées sans les paniers de légumes... Ses abonnés se répartissent dans toutes les tranches d’âge. Et David de remarquer que, parmi les plus âgés de ses abonnés, beaucoup apprécient ses légumes car ils y retrouvent un goût qui leur manque dans les légumes conventionnels.

À la «Fourmi verte», ce service de livraison de produits bio à domicile, on se réjouit également de la formule des paniers de légumes. Ici, c’est la facilité de la livraison à domicile couplée à la surprise de la semaine qui séduit. La curiosité des abonnés est manifeste quand arrive la caisse de légumes de la semaine.

Le succès de la formule des paniers est donc vanté par tout le secteur bio tant à Bruxelles qu’en Wallonie.

Il jette une passerelle vers des consommateurs qui s’interdisaient jusque-là le bio. Sachez que la plupart des magasins et des maraîchers bio offrent à leurs clients la formule des paniers bio. Si vous êtes intéressé, profitez de la semaine bio pour bénéficier des actions spéciales que vous proposent certains.

GAC Késako ?

L’association Nature & progrès a réalisé en 2005 en Wallonie une étude sur les groupes d’achats communs (GAC en abrégé). Ce sont des groupes de plusieurs ménages qui se réunissent régulièrement pour commander ensemble des produits de qualité directement aux producteurs ou aux transformateurs locaux. Ils ciblent souvent les produits de base comme le pain, les produits laitiers, les légumes ou la viande. La formule comprend de nombreux avantages tant au niveau social qu’environnemental et financier. Elle permet d’avoir accès à des produits de qualité, souvent bio, à un prix abordable. L’étude a permis de détecter 17 GACS en Wallonie.

Tous ont mis en œuvre à leur niveau une réflexion sur leur alimentation et sur les modes de production agricole. Leur histoire est très variable. Ainsi à Louvain-La-Neuve, un GAC s’est constitué suite à la fermeture de l’Aldi du coin...

À l’occasion de la semaine bio, Nature & Progrès vous invite le 3 juin à Namur à une conférence-rencontre avec des groupes d’achats et des petits producteurs (voir programme).

Juin 2006

Semaine bio 2010